Le début tardif de Simonetta Agnello Hornby

Par Gessica Franco Carlevero

Simonetta Agnello Hornbi - Oppido

Simonetta Agnello Hornby. Illustration de Filomena Oppido

Simonetta Agnello Hornby, autrice appréciée et connue dans le monde entier, a publié son premier roman, La Mennulara (L’Amandière), en 2002, à l’âge de cinquante-sept ans.

Jusque-là, elle s’occupait de justice, étant avocate et juge pour mineurs à Londres.

Il paraît qu’en 2000, elle se trouvait à l’aéroport Fiumicino, et attendait son avion pour Londres, lorsqu’elle remarqua un film intitulé La Mennulara ; à ce moment-là, elle aurait commencé à écrire son roman. Un an plus tard, elle l’a proposé à la maison d’édition Feltrinelli.

La Mennulara - Simonetta Agnello HornbyAlberto Rollo, le directeur éditorial, raconte ainsi le moment où il a reçu le manuscrit :

Décembre 2001. Le manuscrit dactylographié venait d’arriver. Il portait ce titre, auquel je ne pouvais pas me soustraire. Un titre mystérieux qui contenait, dans sa trace dialectale, l’énergie radieuse des doubles nasaux s’appuyant sur la première voyelle, l’obscurité du u, puis l’âpreté du suffixe — ara, si dur, si chargé d’effort. Je regardais ce titre comme s’il véhiculait une promesse. Qui était constamment tenue. Page après page, le roman se développe dans une spirale d’événements qui font émerger un grand personnage féminin du type servante-maîtresse, les yeux d’Anna Magnani, les langueurs sensuelles d’une héroïne de la séduction, des parfums égyptiens, les « ardori inospiti » d’Aïda, et le son de l’argent, une hérédité. C’était un récit somptueux, celui de La Mennulara, qui aurait ouvert au monde les portes d’histoires opulentes et sévères de Simonetta Agnello Hornby. Je n’ai jamais cessé de sentir le regard d’Agnello Hornby lors de notre première rencontre, pendant un printemps ensoleillé à Rome. Attentif et généreux. J’entrais dans son roman et je cherchais à en vérifier avec elle l’architecture et la puissance. Ce fut une grande aventure, cette enquête réciproque. Entre nous deux, sa Mennulara, seule et puissante, commençait à parler à ceux qui seraient ses lecteurs d’ici peu. Il y en avait beaucoup, vraiment beaucoup. De nouveaux lecteurs à chaque édition. Nouveaux et fidèles. 

La Mennulara, premier roman de Simonetta Agnello Hornby, est devenu par la suite un best-seller, traduit en dix-neuf langues et qui a reçu plusieurs prix.

Pourtant, l’écrivaine a gardé sa modestie. Dans un entretien d’Amelia Crisantino, paru dans La Repubblica en février 2009, Simonetta Agnello Hornby raconte qu’un jour on lui a présenté une personne en tant que collègue. Elle a répondu : « Enchantée, de quoi vous occupez-vous, droit civil ou pénal ? » Elle l’avait pris pour un avocat.

L'Amandière - La Bibliothèque italienneLe livre :

La Mennulara est un roman dont l’histoire se situe à Roccacolomba, dans un petit village sicilien. La narration s’ouvre sur la mort de la protagoniste, Maria Rosalia Inzerillo, « la Mennulara ». Tout le village en parle, tous se demandent qui était réellement cette femme, tous ont eu à voir, d’une manière ou de l’autre, avec elle ; quelques-uns la détestent, d’autres la maudissent et d’autres encore se souviennent d’elle avec gratitude. Notamment la famille Alfallipe, dont le patrimoine était géré par la Mennulara, qui a toujours été une administratrice consciencieuse.

Il en résulte le portrait d’une femme ferme, intelligente, dont dépendaient une famille de propriétaires terriens, un boss mafieux, et, de fait, le village entier.

AGNELLO HORNBY, Simonetta, La Mennulara, Feltrinelli, 209 p.

AGNELLO HORNBY, Simonetta, L’amandière, Liana Levi, 304 p.

Traduction de Fanchita Gonzalez Batlle.

Simonetta Agnello HornbySimonetta-Agnello-Hornby- La Bibliothèque italienne

Née à Palermo en 1945, elle vit à Londres depuis 1972 où elle exerce la profession d’avocat et où elle a travaillé pendant huit ans en tant que présidente auprès du Tribunal de Special Educational Needs and Disability.

Son premier roman, La Mennulara, a été un véritable spécimen littéraire, qui a longtemps occupé la première place dans les classements, qui a été traduit en plusieurs langues, et a reçu de nombreux prix littéraires.

L’autrice a publié La Mennulara (2002) (L’Amandière), La zia marchesa (2004) (La tante marquise), Boccamurata (2007), Vento scomposto (2009), La monaca (2010), La cucina del buon gusto (avec Maria Rosario Lazzati, 2012), Il veleno dell’oleandro (2013), Il male che si deve raccontare (avec Marina Calloni, 2013), Via XX Settembre (2013) et Caffè amaro (2016). En outre, elle a publié : Camera oscura (Skira, 2010), Un filo d’olio (Sellerio, 2011), La pecora di Pasqua (avec Chiara Agnello; Slow Food, 2012), La mia Londra et Il pranzo di Mosè (Giunti, 2014).

Ses romans sont traduits dans le monde entier et ils ont reçu plusieurs prix.

(Il est possible de lire cet article en italien sur Il cantiere di scrittura du 29.02.2016)

Traduction de Marta Somazzi.

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