Par Roberta Taverna
Au cours de la vie, le temps viendra, tôt ou tard, où le Retour sera nécessaire. Un Retour flou, non programmé, intériorisé seulement dans le moment où l’on se trouve devant la Destination. Il y a des instants dans la vie où les Retours deviennent soudainement nécessaires pour donner du sens au présent et pour trouver le futur.
Et je regardai à nouveau la Sicile au dehors, puis ma mère en entier, elle était enveloppée dans une couverture rouge de sa tête blonde jusqu’aux pieds, et je vis qu’elle portait des chaussures pour hommes, de vieilles chaussures de mon père, de cantonnier, hautes et peut-être clouées, telles qu’elle les avait toujours portées à la maison, je m’en souvenais, pour être à l’aise, ou pour se sentir un peu plus sûre dans l’homme, et même un peu homme, à côté de l’homme.
Rarement un livre s’est avéré à la fois aussi onirique et véridique. Conversation en Sicile d’Elio Vittorini est un roman où le son des mots, les échos lointains, les retentissements des assonances dansent avec l’histoire racontée en s’approchant, en se superposant, en glissant du premier plan à l’arrière-plan. Une œuvre aux nombreuses interprétations, qui est capable de faire de la lecture une rencontre empathique par rapport à la narration des événements, qui reste pourtant par moments floue, imprécise, changeante :
Cet article est disponible en version originale sur le site MeLoLeggo
Traduction de Marta Somazzi
VITTORINI, Elio, Conversation en Sicile, traduit par Michel Arnaud, Gallimard, 1990, 222 p.
VITTORINI, Elio, Conversazione in Sicilia, BUR, 2012, 230 p.

