Dix livres italiens du XXe siècle à redécouvrir

Par Alessandro Melia

Une fois vérifié que : A) les gens ne lisent pas pendant l’été (est-ce bien vrai ?) ; B) tout éditeur, ou critique littéraire, ou écrivain, ou blogger, ou bureau de presse se sent tenu de conseiller des livres pour l’été ; C) « si vous lisez Siddharta de Hermann Hesse sur la plage, vous donnerez une très mauvaise impression, car tous l’ont lu » (Manganelli) ; je vais vous présenter dix livres qui ont presque disparu de l’horizon éditorial.

Ce sont dix romans, ou recueils de nouvelles, écrits par des écrivains italiens du XXe siècle qui sont uniques en ce qui concerne le style, le répertoire des mots, l’originalité et les sujets narratifs. Malheureusement pour eux – et pour nous – ils ont été oubliés. Même s’ils sont moins publiés que d’autres écrivains plus célèbres (Calvino, Moravia, Pavese, Gadda, Levi, Morante, Ginzburg, Buzzati, Ortese, Landolfi, Arbasino), il nous suffit de commencer à lire leurs histoires pour être attirés comme des mouches par le miel. Mais qui sont-ils ? Les voici : Arpino, Chiara, Soldati, Cassola, Bilenchi, D’Arzo, Pomilio, Bassani, Bufalino et Zavattini. Comme je l’ai déjà dit, je les ai choisis car personne n’en parle et qu’il faut se rendre dans des bouquineries pour trouver leurs livres (ce qui – ceci dit – est toujours une expérience utile et amusante nous rappelant comment l’Italie était il y a quarante ou cinquante ans), et aussi, car ils traitent de sujets tels que le voyage, la mémoire, les spectres, les rencontres amoureuses.

Giovanni Arpino – Le pas de l’adieu

Six personnages (un vieux professeur, philosophe et mathématicien, son meilleur élève, deux vieilles demoiselles, un pizzaiolo, une fille inquiète) sont aux prises avec un choix dramatique. Un délit ? Un péché mortel ? Un geste interdit ? En tout cas, une histoire qui nous concerne tous.

Mario Soldati – Storie di spettri

« ghost stories » , vingt nouvelles conduites sur le fil des événements, des rencontres et des émotions de tous les jours.Soldati nous ramène dans ses lieux littéraires préférés: Turin, Rome, Gênes, la plaine Padane, le Lac Majeur et la Valsoda.

Cesare Zavattini – Parliamo tanto di me

C’est le premier livre de Zavattini, écrit à 27-28 ans pendant que son père était en train de mourir d’une cirrhose hépatique. C’est l’histoire d’un homme qui est réveillé pendant la nuit par un Esprit qui le guidera dans un voyage dans l’au-delà à la découverte de l’Enfer, du Purgatoire et du Paradis.

Romano Bilenchi – Les années impossibles

Un triptyque d’histoires d’apprentissage qui sont liées par un fil invisible et qui racontent les aventures d’un jeune homme qui se confronte à la vie, en faisant face à des entraves et à des problèmes imprévus et inconnus.

Giorgio Bassani – Le Héron

Le roman raconte l’histoire du dernier jour de vie du chasseur Edgardo Limentani et il se situe à l’hiver 1947 entre Ferrare, Codigoro et le Po. Il s’agit du dernier roman de Bassani, qui gagna le prix Campiello en 1969. D’après le dos de couverture, c’est un roman sur le malaise existentiel qui inclut et envahit chaque aspect de la réalité.

Silvio D’Arzo – Maison des autre

La rencontre d’un prêtre de province exilé dans un village de l’Émilie où rien ne se passe, avec Zelinda, une vieille dame qui passe ses journées à laver le linge dans le ruisseau, sans contact avec les gens. Un jour, pourtant, elle demande au prêtre de déroger à une « règle » de l’Église catholique.

Gesualdo Bufalino – Argos l’aveugle

Le journal-roman d’un vieil homme (l’auteur lui-même, peut-être) qui essaie inutilement de promouvoir sa pauvre vie en lui donnant la forme d’une légende, à travers des récits comiques ou tragiques.

Carlo Cassola – Il taglio del bosco

C’est l’histoire d’un homme, Guglielmo, qui est resté veuf avec deux petites filles et qui cherche par désespoir la paix intérieure dans le travail. Quatre personnages tournent autour de lui ; parmi eux, une femme, Fiore.

Piero Chiara – L’uovo al cianuro e altre storie 

La vie en province partagée entre des histoires dramatiques et d’autres humoristiques, entre mystères et passions. D’après Dino Buzzati « Ti sento, Giuditta » est la nouvelle idéale, au point de l’avoir gardée sur son bureau pendant les années de rédaction pour le Corriere delle Sera.

Mario Pomilio – Una lapide in via del Babuino

Un vieil écrivain découvre dans un ancien carnet de notes l’ébauche d’une possible histoire. Une histoire qui n’a pas trouvé sa forme finale et qui n’est pas devenue un livre. L’idée de départ lui avait été inspirée par une plaque sur la façade d’un palais à Rome.

Traduction de Marta Somazzi

Cet article est disponible en version originale sur le site de Alessandro Melia

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