Conversation avec Giovanni Duminuco, le fondateur de la nouvelle maison d’édition Forme Brevi Edizioni

Par Gessica Franco Carlevero

 

Formebrevi Edizioni est une toute nouvelle maison d’édition sicilienne.

Le directeur, Giovanni Duminuco, nous a raconté la naissance du projet et ce qui fait sa particularité.

Comment le projet Formebrevi Edizioni est-il né ?

Formebrevi Edizioni est né de la lecture, du besoin de réaliser un produit culturel qui s’affranchisse des logiques de profit, qui soit un trait d’union entre l’auteur, le lecteur et la société. C’est un projet que nous avons gardé en chantier pendant des années, qui a atteint sa maturation et qui s’est développé au cours de nombreuses occasions littéraires qui ont intéressé notre formation. Ainsi, nous avons décidé d’entrer en piste et de lancer un projet éditorial qui se fonde sur des principes clés, tels que le copartage, la qualité, l’auto-soutenabilité, l’innovation.

Qu’est-ce qui distingue votre maison d’édition ?

Formebrevi se range au nombre de toutes les maisons d’édition à but non lucratif qui résistent à l’excès de pouvoir de grands groupes ; nous soutenons l’idée d’un projet éditorial fondé sur le copartage et la collaboration réciproque. Formebrevi privilégie une certaine façon d’écrire : nous aimons appeler cela des écritures non conventionnelles, atypiques. Nous l’avons écrit dans notre petit manifeste qui est en ligne sur le site : nous croyons en une culture affranchie des contraintes, en la libre circulation des idées, la contamination et le dialogue, l’ouverture à l’altérité. La diversité est pour nous un moyen de croissance et de comparaison, d’enrichissement réciproque.

Bien que la crise traverse tout le secteur éditorial – notamment la petite et la microédition – et que nous soyons conscients des énormes efforts qui sont nécessaires à la poursuite d’un projet éditorial qui s’adresse à un nombre réduit de lecteurs, nous arrivons néanmoins à survivre avec dévouement et dignité.

Formebrevi n’exige aucune contribution économique pour la publication ni l’obligation d’achat d’un nombre minimum d’exemplaires du livre (stratagèmes auxquels certains éditeurs recourent souvent pour couvrir les coûts d’impression). Formebrevi est un projet qui se soutient lui-même : les revenus de la vente d’un livre – à exclusion des droits d’auteur qui sont dus à l’auteur, conformément au contrat d’édition – seront entièrement employés pour couvrir les coûts de production du livre suivant, et ainsi de suite. De cette façon, un rapport de copartage et de coparticipation active s’instaure parmi les livres qui composent notre catalogue. C’est comme s’ils étaient tous associés les uns aux autres par un lien de cause et de responsabilité réciproques.

Qui sont les membres de l’équipe et comment les rôles sont-ils répartis ?

L’activité éditoriale est coordonnée par un comité de rédaction à qui s’adjoint un groupe de lecteurs qui se réunissent périodiquement pour évaluer les manuscrits qui arrivent à la rédaction.

Chacun parmi nous participe de manière active – selon ses compétences – à la réalisation du produit littéraire final : la communication, le graphisme, internet, etc.

Nous n’avons pas de véritable bureau : dans le respect de la qualité et de l’attention consacrée à chaque détail, Formebrevi est une production faite maison.

Le nom, Formebrevi, renvoie aux recueils de nouvelles. Mais les premiers titres publiés n’en sont pas vraiment. En quoi vous référez-vous à des formes courtes ?

Nous avons longtemps débattu à propos du nom du projet. Le choix de Formebrevi n’est pas anodin. À l’origine du nom, il y avait la nécessité de souligner le concept de brièveté, aussi bien dans le sens de la forme courte, au niveau de la longueur, que dans le rapport d’essence qui relie le mot au dire, rapport qui transcende les limites imposées par la dénomination.

Vous ne souhaitez publier que des textes italiens ou pensez-vous vous ouvrir aussi à la littérature étrangère?

Aujourd’hui, nous publions des textes en langue italienne, tout en considérant la possibilité de nous ouvrir à la littérature étrangère. Notre projet naît et se développe sur le territoire, (aussi) en tant que forme de résistance culturelle. Nous sommes nés il y a quelques mois, et le chemin à parcourir est encore long.

Giovanni Dominuco, La Bibliothèque italienne

 

Giovanni Duminuco (1980) vit et travaille en Sicile. Il s’occupe de recherche philosophique et littéraire et plusieurs de ses articles ont été publiés dans des revues spécialisées. Il a remporté le Prix Montano de la XXVII édition et, en 2013, il a publié le recueil de poèmes Dinamiche del disaccordo (Anterem Edizioni) et La ferita distorta dell’agire (Formebrevi Edizioni).

 

 

1 Comment on Conversation avec Giovanni Duminuco, le fondateur de la nouvelle maison d’édition Forme Brevi Edizioni

  1. « Nous l’avons écrit dans notre petit manifeste qui est en ligne sur le site : nous croyons en une culture affranchie des contraintes, en la libre circulation des idées, la contamination et le dialogue, l’ouverture à l’altérité. La diversité est pour nous un moyen de croissance et de comparaison, d’enrichissement réciproque. » Entièrement d’accord avec ce principe; place à la culture littéraire,à l’écriture et aux auteurs. Félicitations pour ce très beau projet qui, je l’espère de tout coeur, grandira et prospérera !!! Grazie mille e lunga vite a Formebrevi Edizioni !!!

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